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La grammaticalisation des catégories syntagmatiques : le cas du groupe adjectival
Fidèle DIEDHIOU
lundi 4 juillet 2011


Résumé

La grammaticalisation est un type de changement linguistique, et un modèle. La tâche de la linguistique historique est d’étudier ce phénomène, avec pour but la formulation d’hypothèses théoriques et explicatives. Nous étudions la grammaticalisation des catégories syntagmatiques, particulièrement le cas du groupe adjectival, à la lumière des travaux récents de Roland Eluerd (2008) qui met en exergue les constituants complémentaires de l’adjectif qualificatif formant avec celui-ci le groupe adjectival : l’adverbe, l’adjectif ou nom complétant les adjectifs de couleur, le groupe prépositionnel, la proposition subordonnée. En ancien français, les grammairiens, parlant de catégories grammaticales, étaient restés étroitement liés à la déclinaison latine. Il y a deux classes d’adjectifs : la première correspondant aux adjectifs latins terminés au masculin en – us, au féminin en – a et au neutre en – um, qui se déclinent sous la forme des substantifs de la première et de la deuxième déclinaison. La deuxième classe concerne les adjectifs en – is qui se déclinent sous la forme des substantifs de la troisième déclinaison. Ainsi, pour indiquer le degré de comparaison, aussi bien au comparatif qu’au superlatif, non seulement les adjectifs se déclinaient, mais ils intégraient un suffixe, avant les désinences de déclinaison : - ior pour le comparatif et – isme pour le superlatif. Ce noyau synthétique a été concurrencé par un noyau analytique qui voyait l’adjectif précédé d’un adverbe : magis (plus), minus (moins), multo (beaucoup) puis moult sera remplacé par très. C’est ce noyau analytique qui survivra jusqu’en français moderne.





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